Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain. Leur offrir un environnement sain, sécurisant et bienveillant est un enjeu majeur de santé mentale, de bien-être émotionnel et de développement psychologique. Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, spécialiste reconnu de la résilience, partage ses conseils pour favoriser l’épanouissement de l’enfant et prévenir les troubles psychiques à l’âge adulte.
À la télévision comme à la radio, les experts en santé et en pédiatrie sont régulièrement sollicités pour accompagner les parents. Le docteur Jimmy Mohamed s’est récemment exprimé sur l’importance du sommeil de l’enfant, un facteur clé du développement cérébral. Le médecin Gérald Kierzek, quant à lui, a abordé les effets du café sur la santé. Cette fois, c’est Boris Cyrulnik qui a pris la parole pour évoquer le lien fondamental entre amour parental, cerveau et équilibre émotionnel.
Invité de l’émission La Grande Librairie sur France 5, animée par Augustin Trapenard, le neuropsychiatre — également psychologue, médecin et psychanalyste — a expliqué comment les expériences vécues durant l’enfance influencent durablement la santé mentale. « Le cerveau est sculpté par l’amour », affirme-t-il. Selon lui, une éducation basée sur l’affection et la sécurité affective stimule les zones cérébrales liées à la récompense, favorisant ainsi une vision positive de la vie et une meilleure gestion des émotions à l’adolescence et à l’âge adulte. À l’inverse, les punitions excessives, la violence verbale ou la dévalorisation activent les circuits de la punition, augmentant le risque de mal-être psychologique, d’anxiété ou de troubles du comportement.
Les conseils santé de Boris Cyrulnik pour le bien-être de l’enfant
Interrogé sur le sentiment de ne pas se sentir aimé, Boris Cyrulnik explique que le circuit cérébral de la récompense n’a pas été suffisamment stimulé. Son objectif est de transmettre aux parents des gestes simples mais essentiels pour la santé émotionnelle de l’enfant : jouer, parler, interagir, poser un cadre rassurant. Ces pratiques renforcent le lien d’attachement, pilier du développement affectif.
Il rappelle également que les jeux, les chansons, les échanges et les moments de plaisir sont fondamentaux dès la petite enfance. Ils participent au bon développement du cerveau et contribuent à la prévention des troubles psychiques. À l’inverse, les violences physiques ou psychologiques, l’abandon et les paroles blessantes laissent des traces durables sur la structure cérébrale. Toutefois, plus l’accompagnement est précoce, plus la résilience et la capacité de guérison sont importantes.
