Le gouvernement a adopté le 22 juillet 2026 un décret abaissant le prix des médicaments et une loi créant un système d'information sanitaire national. En parallèle, la coopération avec l'Organisation mondiale de la santé s'intensifie. Voici, sources à l'appui, ce qui change concrètement pour les patients.
Longtemps annoncée, la réforme du système de santé marocain a franchi une étape décisive cet été. En une seule réunion, le 22 juillet 2026, le Conseil de gouvernement a validé deux textes structurants : un décret révisant le mode de fixation du prix des médicaments et un projet de loi instaurant un système d'information sanitaire national. Deux chantiers qui touchent directement le portefeuille et le parcours de soins des Marocains.
Médicaments : ce que change le décret du 22 juillet
Le décret n° 2.25.631, présenté par le ministre de la Santé et de la Protection sociale Amine Tahraoui, modifie le cadre en vigueur depuis décembre 2013. Son objectif affiché : faire baisser les prix, réduire le reste à charge des assurés de l'Assurance maladie obligatoire (AMO) et préserver l'équilibre financier du régime.
- Une révision des prix désormais tous les 3 ans (contre 5 auparavant), avec une révision automatique pour les génériques.
- Un alignement sur le prix le plus bas constaté parmi les pays de référence.
- Une réduction de la majoration appliquée aux médicaments importés et la fin du calcul « en escalier » pour les génériques.
- Environ 1 milliard de dirhams d'économies par an attendus pour les caisses d'assurance maladie.
- Le maintien d'environ 80 % du chiffre d'affaires des pharmacies d'officine, pour préserver leur équilibre.
Santé numérique : dossier médical partagé et feuille de soins électronique
Le même jour, le gouvernement a approuvé le projet de loi n° 05.26 créant un système d'information sanitaire national intégré. Il pose le cadre juridique de plusieurs briques déjà attendues : une plateforme nationale de données de santé, un dossier médical partagé (DMP), un identifiant sanitaire unique par patient et un système d'information hospitalier public harmonisé.
Sur le terrain, la bascule a déjà commencé côté remboursements. La CNSS a lancé la phase pilote de la feuille de soins électronique (FSE) à Kénitra fin mars 2026, avec une généralisation progressive prévue dans les mois suivants. Le principe : une ordonnance dotée d'un QR code et d'un numéro unique, que le pharmacien ou le médecin scanne pour un suivi en temps réel, sans papier.
Une coopération renforcée avec l'OMS
Ces réformes s'inscrivent dans la stratégie de coopération Maroc-OMS 2023-2027, articulée autour de la couverture santé universelle, de la résilience du système, de la gouvernance et de la promotion de la santé. En 2026, cette dynamique s'est traduite par des actes concrets : une réunion Ministère-OMS à Rabat lors de la Journée mondiale de la santé du 7 avril, un mémorandum d'entente signé le 5 mai entre la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé et l'OMS, puis trois protocoles de coopération signés à Genève le 18 mai en marge de la 79e Assemblée mondiale de la Santé.
L'enjeu de fond est d'aligner le système marocain sur les standards internationaux en matière de qualité des soins, de sécurité des traitements et de prévention.
Le Maroc, destination de soins de plus en plus recherchée
Cette modernisation accompagne une tendance déjà installée : le Maroc attire un nombre croissant de patients d'Europe et d'Afrique francophone, notamment pour la fertilité (FIV), la chirurgie esthétique, les soins dentaires ou le traitement des varices, avec des cliniques modernes et des tarifs souvent inférieurs à ceux pratiqués en Europe.
Organiser un séjour de soins au Maroc
Pour les patients internationaux, la logistique reste le principal frein. Evitalink, partenaire de ce dossier, est une plateforme qui met en relation les patients avec des établissements certifiés au Maroc et coordonne l'ensemble du parcours : devis, prise de rendez-vous, hébergement, transferts et suivi post-traitement, avec un accompagnement multilingue.
Ce service d'accompagnement ne remplace pas un avis médical. Toute décision de soins doit être prise avec un professionnel de santé qualifié.
Découvrir EvitalinkLes défis qui restent
Malgré ces avancées, la réussite de la réforme dépendra de sa mise en œuvre. Trois points restent sous surveillance : les inégalités d'accès entre régions, la densité insuffisante de médecins et la pression sur les hôpitaux publics. La digitalisation, elle, ne portera ses fruits que si les professionnels de santé sont réellement accompagnés dans la transition.
Questions fréquentes
Les médicaments sont-ils déjà moins chers ?
Le décret a été adopté le 22 juillet 2026, mais la baisse se déploiera progressivement selon les modalités d'application. Elle ne s'applique pas d'un jour à l'autre à tous les produits.
Qu'est-ce que la feuille de soins électronique (FSE) ?
C'est la version numérique de la feuille de soins, testée par la CNSS depuis fin mars 2026. Elle vise des remboursements plus rapides et un suivi sécurisé via un QR code.
Le dossier médical partagé est-il obligatoire ?
Le projet de loi n° 05.26 en pose le cadre. Les modalités précises seront fixées par les textes d'application à venir.
- Portail officiel maroc.ma — décret sur les prix des médicaments (juillet 2026)
- Ministère de la Santé et de la Protection sociale — objectifs du décret n° 2.25.631
- Médias24, Le Matin, H24info — dispositions du décret adopté le 22 juillet 2026
- Lebrief.ma — projet de loi n° 05.26 sur le système d'information sanitaire national
- CNSS / We Are Tech Africa — feuille de soins électronique, phase pilote de Kénitra
- WHO EMRO (emro.who.int) — coopération Maroc-OMS 2023-2027 et Journée mondiale de la santé 2026
