Enquête · Accès aux soins
Au Maroc, on parle volontiers du manque de médecins et des ruptures de médicaments. Mais la vraie fracture se joue souvent ailleurs : dans ce « dernier kilomètre » qui sépare un patient du bon médecin, de la bonne officine ou du bon établissement. Enquête sur les angles morts d'un système qui soigne — quand on parvient à l'atteindre.
Une ordonnance à la main, un traitement qui n'attend pas, et le même scénario qui se répète : le tour des pharmacies, les appels aux proches, parfois le renoncement. Derrière les chiffres officiels, c'est cette expérience quotidienne qui dessine la carte réelle de la santé au Maroc. Une carte où l'offre existe, progresse même — mais où le lien entre le patient et le soin reste le maillon faible.
Un médecin pour 1 108 habitants : la moyenne qui ment
Sur le papier, la tendance est bonne. Selon la carte sanitaire 2025 publiée par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, le Maroc comptait 34 173 médecins (public et privé), contre 32 665 un an plus tôt. La densité s'est améliorée : un médecin pour 1 108 habitants, contre un pour 1 156 en 2024.
Mais la moyenne nationale masque des fractures profondes. Le pays reste sous le seuil critique de l'OMS, et l'offre se concentre : Casablanca-Settat et les provinces du Sud captent l'essentiel des spécialistes, tandis que plusieurs régions restent sous la moyenne. À cela s'ajoute l'hémorragie des compétences : d'après le chercheur Tayeb Hamdi, environ 14 000 médecins marocains exercent à l'étranger, et près d'un diplômé sur trois émigre.
Le problème n'est pas seulement de former plus de médecins — c'est aussi de relier ceux qui existent aux patients qui les cherchent.
L'ordonnance introuvable : voyage au bout de la pénurie
Le deuxième angle mort, c'est le médicament lui-même. Les ruptures de stock, longtemps ponctuelles, sont devenues structurelles. Le président de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc, Mohamed Lahbabi, décrit un phénomène persistant, où une pénurie peut durer de quelques semaines à plusieurs mois. Les segments touchés sont précisément ceux dont dépendent les malades chroniques, pour qui une interruption n'est pas une gêne mais un risque.
Les causes se cumulent : tensions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, retards d'importation, hausse de la demande liée à la généralisation de l'Assurance maladie obligatoire, et absence, au Maroc, d'un droit de substitution. Les pouvoirs publics ont réagi — création de l'Agence marocaine du médicament, réforme du Code du médicament — mais sur le terrain, le patient reste seul face au comptoir vide. Et c'est ce vide qu'une autre économie s'est empressée de combler.
Le vrai combat n'est pas seulement de produire ou d'importer plus. C'est de savoir, en temps réel, où se trouve le traitement dont un patient a besoin — et de l'y conduire sans détour.
Le Far West du médicament en ligne
Là où le système officiel laisse un manque, les réseaux sociaux et les plateformes informelles prospèrent, hors de tout circuit contrôlé. Or au Maroc, le droit est sans ambiguïté : la loi n° 17-04 réserve la dispensation des médicaments aux seuls pharmaciens d'officine, et la vente en ligne de médicaments est illégale — un point durci début 2025 par une circulaire du parquet général.
Faut-il pour autant renoncer au numérique ? Non : il faut le canaliser. La livraison de parapharmacie sans ordonnance est autorisée, tout comme le « Click & Collect », où l'officine prépare l'ordonnance et le pharmacien assure la remise. Le numérique ne remplace pas le professionnel de santé ; il raccourcit le chemin jusqu'à lui. C'est exactement cet espace — légal, traçable, adossé à une officine — qu'occupe un service comme livraison-medicament.ma.
Partir pour se soigner, ou faire venir les patients ?
Le Maroc a des atouts réels pour le tourisme médical : coûts compétitifs, plateaux techniques modernes, praticiens souvent formés à l'étranger, proximité de l'Europe. Mais l'essor a son revers : des cliniques non autorisées et des intermédiaires non qualifiés démarchent les patients à coups de publicités promettant des résultats « garantis », parfois au péril de leur sécurité.
D'où le travail de formalisation mené par des acteurs comme le Moroccan Healthcare Travel Council. Pour le patient, la question devient : à qui faire confiance ? La réponse passe par des parcours encadrés, des établissements identifiés et une information vérifiable — la vocation du pôle soins et tourisme médical porté par evitalink.com.
La réponse numérique : relier, pas remplacer
Un fil relie ces constats : à chaque fois, l'obstacle n'est pas seulement l'absence de ressource, mais l'absence de lien. Le Maroc s'est doté d'un cadre pour cela : la loi n° 131-13 intègre la télémédecine, précisée par le décret de janvier 2021, tandis que la loi 09-08 encadre les données de santé.
Sur cette base ont émergé annuaires de praticiens, prise de rendez-vous en ligne et téléconsultation pour le suivi des maladies chroniques et les zones isolées — sans se substituer à la consultation physique. C'est le rôle d'un média-annuaire comme journalsantemaroc.com, qui associe information vérifiée, annuaire de médecins et prise de rendez-vous.
Recoudre le parcours : la logique d'un écosystème
Pris isolément, chacun de ces services ne résout qu'un fragment du problème. C'est leur articulation qui fait sens : trouver le praticien (annuaire et rendez-vous), obtenir ses produits dans un cadre légal (parapharmacie livrée et Click & Collect), accéder à des soins encadrés (soins et tourisme médical). Mis bout à bout, ces maillons reconstituent le parcours que le système morcelle.
C'est la logique de l'écosystème Evitalink, qui réunit ces trois pôles. Non pour se substituer aux pharmaciens ni aux médecins, dont le rôle reste central et protégé par la loi, mais pour les rendre joignables. Dans un pays où l'offre progresse plus vite que l'accès, réduire ce dernier kilomètre pourrait bien être le chantier le plus décisif de la décennie.
Cet article a une vocation d'information générale et ne remplace pas un avis médical. En cas de symptôme, de doute ou avant toute modification d'un traitement, consultez un professionnel de santé.
